Notre caisse
Historique
Lors du 75e anniversaire de la fondation de la Caisse populaire Desjardins de Matane, monsieur Claude Harrisson, alors directeur général, demanda à monsieur Georgy Bouffard de reconstituer l’histoire de la Caisse sur document papier. Monsieur Bouffard consacra plus d’une centaine d’heures de recherche et de rédaction afin d’être fidèle à l’histoire des 75 premières années de la Caisse populaire Desjardins de Matane. Vous pouvez prendre connaissance de ce document au siège social de la Caisse au 300, rue du Bon-Pasteur, ou en le consultant ici même (voir plus bas).
Le terme directeur général remplaça l’appellation de secrétaire-gérant. En 1911, c’est monsieur J.-O. Lebel qui fut le premier secrétaire-gérant jusqu’en 1946. Monsieur Georges Alexandre Lebel fut ensuite nommé jusqu’en 1959, laissant ainsi la place à monsieur Lucien Paradis, lui aussi sercétaire-gérant. En 1983 monsieur Claude Harrisson a été nommé sous la nouvelle appellation de directeur général jusqu’en 2000. Monsieur Martin Desrosiers est entré en fonction en 2000, et c’est sous son règne que la fusion avec la Caisse populaire Desjardins de Saint-Ulric eu lieu le 1er octobre 2002.
Reconstitution de l’histoire de la Caisse par monsieur Georgy Bouffard
1. Alphonse Desjardins et le mal de l’usure
À la fin du 19e siècle, les classes moyennes de même que les classes pauvres du Québec rural éprouvaient d’énormes difficultés à obtenir du crédit. En effet, le plus souvent, c’est auprès des usuriers qu’elles pouvaient trouver du financement mais à des taux élevés, dépassant parfois les 20 %. C’est pour contrer cet état de fait que les caisses populaires ont vu le jour.
Selon l’historien Yves Roby, auteur d’une importante étude sur l’origine des caisses populaires Desjardins, le réseau bancaire était quasi inexistant en milieu rural à la fin du 19e siècle. Ce sont les notaires et les marchands généraux qui assuraient le plus souvent le crédit indispensable aux fermes par le jeu des billets et des hypothèques.
Dans la région de Matane, on relève également ce phénomène d’asservissement des habitants envers quelques notables créanciers. Vers 1850, des marchands comme messieurs Laurent-Nazair Blais ou Édouard Lacroix servaient de bailleurs de fonds en l’absence d’établissements bancaires. Cependant, ce système était très fragile. Un emprunteur ne pouvait rembourser son prêt à cause d’une mauvaise récolte? Il pouvait alors être obligé de s’endetter davantage ou de partir! Alphonse Desjardins savait bien que l’endettement des gens des campagnes ainsi que l’usure en découlant venaient du manque d’organismes destinés à pourvoir aux besoins des petits emprunteurs. C’est ce qui l’a amené à créer la première coopérative d’épargne et de crédit en Amérique, à Lévis, le 6 décembre 1900.
Pour le fondateur (et selon les auteurs Roby et Smereka), la caisse populaire est une société coopérative d’épargne et de crédit à capital variable et à responsabilité limitée. La variabilité du capital implique le droit pour chaque sociétaire de retirer ses parts quand ça lui plaît. Par ailleurs, la sécurité financière de la caisse est assurée par un fonds de réserve qui peut atteindre le double du capital. De plus, le champ d’activité de la caisse se limite au cadre paroissial. La caisse verse des intérêts sur les dépôts et accorde, via ses trop-perçus, des ristournes ou dividendes sur les parts sociales.
Pour voir à la bonne marche de la caisse, les membres en élisent les dirigeants, soit un conseil d’administration formé de cinq à neuf personnes, une commission de crédit de trois membres dont le mandat est d’étudier les demandes de prêt et un conseil de surveillance de trois membres qui examine les comptes, s’assure de la valeur des prêts et vérifie si chaque officier remplit bien son rôle.
Il est à noter que le seul poste rémunéré est celui du secrétaire-gérant. Tous les autres travaillent bénévolement pour le mieux-être de la paroisse.
De 1900 à 1910, les fondations de nouvelles caisses sont peu nombreuses. En effet, même si le promoteur a bien défini les principes de chaque coopérative, il désire consolider ses appuis et obtenir la législation qui va donner une existence juridique aux caisses populaires.
Malgré tout, c’est à cette époque que l’on fonde la première caisse populaire de la région de Matane. En 1909, la paroisse de Saint-Ulric se dote d’une caisse qu’Alphonse Desjardins lui-même est venu préparer. En 1911, c’est au tour de la Caisse populaire de Matane de voir le jour.
2. La région de Matane avant 1911
En ce qui a trait au développement de Matane, la décennie 1900-1910 constitue un premier âge d’or grâce à l’apparition d’une activité forestière, animée par la compagnie Price Brothers, et aux débuts de l’urbanisation du village de Matane.
Au 19e siècle, la population vivait d’une agriculture de subsistance et de pêche jusqu’à ce que, vers 1850, l’industrie du bois de sciage fasse ses premiers pas… On vit alors naître dans l’arrière-pays les paroisses de Saint-Damase (1884), Saint-Luc (1890) et Saint-Léandre (1901). Après 1910, celles de Saint-Adelme, Saint-René et Sainte-Paula prenaient forme. Cependant, la majeure partie de la population était installée le long du fleuve Saint-Laurent.
Pour sa part, Saint-Jérôme de Matane fut érigée en municipalité civile en 1845. En 1893, la paroisse fut scindée pour former le village de Matane d’une part et la paroisse Saint-Jérôme d’autre part. Le village devint le chef-lieu du comté de Matane et fut celui qui profita le plus de l’essor économique et démographique. Il faut dire que sa situation à l’embouchure de la rivière Matane l’a sans doute favorisé. En 1891, sa population était de 2 025 habitants. Elle augmenta à 2 704 en 1901 et à 3 607 en 1911.
En termes de services communautaires, le village de Matane a pu compter dès 1845 sur son conseil municipal. La même année, il accueillait son premier prêtre-résidant.
Un notaire vint s’installer peu avant 1850 et jusqu’à 1855, quelques marchands généraux suivirent. En 1862, on créa la municipalité scolaire. La décennie 1870-1880 a vu l’arrivée d’un médecin et l’implantation du palais de justice, du bureau d’enregistrement, du phare et du télégraphe. Le couvent Bon-Pasteur fut fondé en 1883 et en 1890, on institua le comté provincial de Matane. Les premiers téléphones et l’électricité firent respectivement leur apparition en 1898 et en 1900. Une première institution financière, la Banque canadienne nationale, ouvrit une succursale en 1906.
Il est à souligner qu’à partir de 1898, la communauté matanaise fut guidée par un curé au caractère bouillant et dynamique, l’abbé Antoine-Annibal Soucy, le type d’homme qu’il fallait à Matane en ce début de siècle. Ainsi, le dynamisme de l’abbé Soucy se communiquait dans le village et le dynamisme économique du village nourrissait la motivation du pasteur. C’est ainsi qu’ont vu le jour plusieurs institutions dont la Caisse populaire de Matane.
L’émergence de structures sociales et économiques, un besoin des gens de se regrouper pour mieux assurer leur bien-être, un curé innovateur; toutes les bases d’une caisse populaire solide étaient en place.
3. Le grand moment de la fondation
Parmi les quarante lettres d’Alphonse Desjardins, que possède la Caisse populaire de Matane, aucune ne date d’avant la fondation (20 août 1911). Il n’est donc pas possible de savoir comment se sont établis les premiers contacts entre le fondateur et les promoteurs de la Caisse de Matane.
Toutefois, il est certain que, convaincus par Desjardins, des citoyens comme le notaire J.-O. Lebel et l’abbé A.-A. Soucy ont fait la promotion de la Caisse populaire en tant qu’institution destinée à protéger les journaliers, les cultivateurs et les ouvriers désireux d’emprunter.
C’est ainsi que, lors d’une assemblée tenue le 20 août 1911, 89 personnes ont signé la déclaration de fondation de la Caisse populaire de Matane. Ils sont ensuite devenus membres de la nouvelle coopérative en souscrivant à 418 parts sociales, un dépôt global de 2 090 $.
Sous la présidence du curé Soucy, on a alors procédé à l’élection des premiers officiers de la Caisse. Ces membres du conseil d’administration, de la commission de crédit et du conseil de surveillance ont été les premiers de cette lignée de dirigeants bénévoles qui s’est perpétuée jusqu’à nos jours.
4. Les dirigeants, d’hier à aujourd’hui
Nous vous invitons à télécharger ce fichier pdf (dirigeants.pdf) pour consulter la liste des dirigeants d’hier à aujourd’hui.
5. La caisse scolaire ou l’épargne du sou
Dès les débuts, la Caisse populaire de Matane institua l’épargne du sou afin de susciter l’esprit d’économie auprès des élèves. Le grand public pouvait également participer à ce programme pour lequel la Caisse ne payait d’intérêt que pour les comptes d’épargnes totalisant 2 $ ou plus.
Cependant, c’est vers 1939 que la caisse scolaire fut véritablement établie à Matane et elle fonctionnait à l’époque au moyen de timbres scolaires. En 1943, toutes les écoles de la ville de Matane, de la paroisse Saint-Jérôme et de Saint-Léandre participaient à cette activité.
En 1946, les administrateurs de la Caisse décidèrent de faire tirer 10 $ parmi les jeunes épargnants de chaque école de la ville afin d’encourager le sens de l’épargne. Depuis, bien que les montants aient été majorés et redistribués selon la participation de chaque école, ce tirage annuel demeure une tradition.
En 1970, 1 200 élèves réalisaient des économies via la caisse scolaire. Par ailleurs, le programme était coordonné par les directeurs(trices) d’écoles, engagés lors de l’assemblée générale de la Caisse populaire à un salaire symbolique de un dollar. Madame Irène Ross et monsieur Victor Sirois (pour ne donner que ces exemples) ont assumé cette responsabilité.
Toute caisse populaire officialisait sa création par une formule spéciale appelée « Déclaration de fondation ». Nous vous invitons à télécharger le fichier pdf contenant celle de la Caisse populaire de Matane, datée du 20 août 1911 (declarationFondation.pdf). Un bilan financier au 31 août 1913 est aussi disponible (bilanFinancier.pdf).
6. L’actif depuis 1912
Télécharger le fichier pdf : actif1912.pdf
7. Souvenirs épistolaires du fondateur
En termes de documents historiques, la Caisse populaire de Matane conserve, entre autres, quarante lettres du fondateur des caisses populaires, le commandeur Alphonse Desjardins. Cette correspondance, précieuse pour retracer l’esprit de l’époque, totalise 73 pages dont la plupart sont dactylographiées. Cependant, 11 lettres sont manuscrites. Monsieur Desjardins les a expédiées entre 1912 et 1920 (année de son décès).
Ces missives contiennent des conseils sur l’évolution de la Caisse. Ainsi, le secrétaire-gérant de la Caisse, monsieur J.-O. Lebel envoyait à monsieur Desjardins ses rapports financiers car celui-ci tenait à suivre la progression de chaque caisse. Par ailleurs, la rigueur et la régularité du notaire semblaient satisfaire le fondateur.
II est intéressant de noter que des quarante lettres, trois seulement identifient, en en-tête, la qualité de « gérant de la Caisse populaire de Matane » du notaire Lebel.
Mentionnons, enfin, qu’en terminant plusieurs lettres, monsieur Desjardins transmet ses salutations aux familles Fraser et Lebel « aux hôtes du manoir » ou au curé Soucy.
Télécharger les différentes lettres
8. Les locaux occupés de 1911 à 1986
À la différence des banques, les caisses, dans chaque paroisse, ne devaient pas compter de se faire construire ou louer un local pour leurs opérations. En attendant de pouvoir se loger elles-mêmes, nombre de caisses ont débuté leurs opérations au presbytère ou dans la maison du gérant. Voici les locaux à Matane.
Premier local :
Maison du notaire J.-O. Lebel, le secrétaire-gérant de la Caisse. C’était, en fait, ce que l’on appelait le manoir seigneurial des Fraser, le notaire ayant épousé un membre de cette famille. La demeure était vaste et pouvait bien accueillir quelques temps la caisse naissante (1911-1916).

Deuxième local :
L’ancien palais de justice détruit dans un incendie. II était situé au même endroit que le palais de justice actuel (1916-1921). Aucune photographie n’existe de cet édifice.
Troisième local :
Le palais de Justice actuel fut construit en 1921. L’étude du notaire Lebel y déménagea de même que les bureaux de la Caisse populaire car le notaire était aussi secrétaire-gérant de l’organisme. Les membres de la Caisse y firent leurs opérations jusqu’en 1936.

Quatrième local :
L’édifice Brunelle aujourd’hui le bar Le Vieux Loup. On était au deuxième étage et la Caisse y logea de 1936 à 1951. Au début, la location était de 10 $ par mois (1936-1951).

Cinquième local :
Maison James McLaren, de 1951 à 1968. On quitta la rue Saint-Jérôme pour la rue Saint-Pierre. On déboursa 12 500 $ en 1950-1951 pour aménager et transformer le rez-de-chaussée du bâtiment. Au cours des années, une adjonction en façade fut faite.

Sixième local :
L’édifice actuel situé au 300, rue du Bon-Pasteur. Le 3 mars 1966, le conseil d’administration de la Caisse populaire de Matane fit l’acquisition du terrain pour 30 000 $. Le coût de construction s’éleva à 251 860 $. On y emménagea en 1968. Il y eut agrandissement et réaménagement en 1980. À l’été de 1986, on a procédé encore à des travaux d’agrandissement d’une ampleur considérable. C’est un édifice moderne et fonctionnel reflétant le dynamisme et la bonne santé financière de la Caisse populaire de Matane.

9. Anecdotes, faits divers et renseignements
(tirés des procès-verbaux)
• Lors de la fondation de la Caisse, on dénombre 21 femmes parmi les 89 membres fondateurs. Pourtant, il faudra attendre jusqu’en 1981 pour voir une femme accéder à la direction de la Caisse. Il s’agit de madame Gisèle P. Tremblay, dirigeante au conseil de surveillance.
• Parmi les membres fondateurs, on retrouve 28 cultivateurs; c’est le groupe social le plus important.
• Jusqu’en 1919, on utilise le presbytère et la sacristie de l’église comme lieux de réunion du conseil d’administration. Par la suite, le Conseil se réunit aux endroits suivants :
- à la résidence du gérant en 1919, 1929, 1930, 1931, 1933 et 1935;
- à la salle publique en 1920, 1921, 1929 et 1933;
- au bureau du secrétaire-gérant en 1921 et 1929;
- à la Caisse populaire en 1929, 1934 et depuis 1936.
• De 1911 à 1946, les réunions du conseil d’administration se tiennent le dimanche « après la grand-messe » pour accommoder les quelques dirigeants cultivateurs. C’est le seul moment de la semaine où l’on peut réunir tout le monde.
• En 1913, la Caisse fait faire une enseigne pour annoncer son local. À ce sujet, M. Alphonse Desjardins écrit, le 8 octobre 1913 : « Bravo pour l’enseigne ».
• C’est en 1914 que le curé Soucy abandonne la présidence de la Caisse. Il est alors nommé président honoraire et continue d’assister par intermittence aux réunions des administrateurs.
• En 1918, l’assemblée générale annuelle est retardée à cause de la grippe espagnole.
• Au fil des ans, la Caisse déménage plusieurs fois. Elle ne tient pas toujours non plus son assemblée générale au même endroit :
- à la sacristie en 1912;
- à la salle publique de 1915 à 1943;
- à l’Académie Saint-Antoine en 1944;
- à la salle paroissiale en 1947 et depuis 1962;
- à l’École Victor-Côté de 1949 à 1952 et en 1954;
- à l’hôtel de ville en 1953;
- à l’École Gagnon en 1958.
• Pendant plusieurs années, la Caisse n’a employé qu’une seule personne, en l’occurrence le secrétaire-gérant. Voici quel était le salaire annuel de monsieur J.-O. Lebel.
1916 128,98 $ (salaire annuel)
1921 302,25 $ (salaire annuel)
1926 300,00 $ (salaire annuel)
1931 300,00 $ (salaire annuel)
1936 400,00 $ (salaire annuel)
1941 1 000,00 $ (salaire annuel)
1946 1 500,00 $ (salaire annuel)
Après le départ de monsieur Lebel, son successeur et fils, Georges-Alexandre, sera payé sur une base mensuelle. En 1922, le montant maximal d’un prêt sur billet est fixé à 500,00 $.
• En 1923, « le gérant est chargé de préparer un compte-rendu résumé des affaires de la Caisse populaire de Matane et de le faire publier dans le journal de Matane à condition que les frais de publication ne soient pas trop onéreux ».
• La même année, des dirigeants de la Caisse assistent pour la première fois à un congrès des caisses populaires.
• La première procédure judiciaire de la Caisse contre un individu est engagée en 1928 pour recouvrer une créance. Pour ce faire, on retient les services du bureau d’avocat de maître Raoul Fafard.
• En 1935 : La Caisse cherche à « s’aboucher avec les fabriques de Matane, Saint-Ulric, Sainte-Félicité, Saint-Luc et autres pour placer les fonds disponibles » qu’elle a en main. D’ailleurs, au cours de son existence, la Caisse a toujours cherché à réaliser les meilleurs placements possibles dans le marché québécois.
• En 1937, « les directeurs ne croient pas à l’opportunité d’assurance contre le vol à main armée… vu que le bureau de la Caisse a la jouissance gratuite du coffre-fort du gérant ».
• Également en 1937, la Caisse engage une secrétaire, mademoiselle Béatrice Roy, dont le salaire est puisé à même celui du gérant.
• En 1938, la Caisse perçoit les remises destinées à l’Office du crédit agricole du Québec.
• En 1939, la Caisse paie une grand-messe pour le repos de l’âme de monsieur Wilfrid Vézina, président de 1920 à 1936.
• Cette même année, après avoir obtenu renseignements et conseil de monsieur Cyrille Vaillancourt, président de la Fédération (aujourd’hui appelée la Confédération), la Caisse achète une machine à additionner aux meilleures conditions.
• En 1940, elle fait l’acquisition, au coût de 2,50 $, d’un portrait d’Alphonse Desjardins.
• C’est en 1941, que la Caisse s’assure pour la première fois contre le vol à main armée et le cambriolage du coffre-fort.
• En 1941, c’est la guerre. La Caisse fait un premier achat de 5 000,00 $ de Bons de la Victoire.
• Toujours en 1941, la Ville de Matane demande à la Caisse 25 $ pour licence de commerce. La Caisse s’y oppose, alléguant qu’elle se considère un syndicat coopératif de crédit et non un établissement financier ou un commerce. La cause est confié à maître Alphonse Beaulieu de Matane.
• En 1945, la guerre est terminée et le climat, plus détendu. Il est proposé, pour l’assemblée générale annuelle, de préparer une séance récréative et musicale pour agrémenter la réunion.
• L’année 1946 voit l’installation de boutons électriques près des caissières. Ces boutons actionnent des lumières dans le bureau du gérant; un moyen de l’alerter en cas d’effraction. Autre innovation, on annonce la tenue de l’assemblée générale à la radio (en plus des autres moyens habituels).
• Lors de l’assemblée générale de 1947 on déclare : « Nous vous rappelons que notre société est une institution d’épargne et non une banque et que vous ne devriez déposer que l’argent dont vous ne prévoyez pas avoir besoin pour quelque temps à venir… Si le nombre de comptes actifs augmente, nous nous verrons dans l’obligation d’augmenter le personnel, ce qui amènera une augmentation des dépenses ».
• En 1948, il y a vol de 16 $ à la caisse scolaire de l’École D’Amours. La Caisse populaire rembourse alors ce montant pour ne pas nuire à l’épargne scolaire ou en décourager les participants.
• En 1948, la Caisse donne 10 $ à la campagne du Timbre de Noël. Par la suite, elle répétera ce geste chaque année. La Caisse contribue également à d’autres œuvres charitables ou à des organismes communautaires locaux. De 1950 à 1960, la Caisse effectue généralement ses dons une fois l’an. Cependant, à partir de 1970, elle est très sollicitée et accorde, selon les demandes, de plus en plus d’argent. Exemples : le 23 janvier 1985, le conseil d’administration accorde 1 650 $ de dons à 13 organismes. Le 11 juin, de la même année, c’est 1 175 $ qui sont remis à sept groupes et le 13 août, quatre groupes reçoivent 1 725 $. Il est à noter également que la Caisse a toujours participé généreusement lors de grandes souscriptions locales (fondation du collège de Matane, fondation du centre hospitalier, etc.).
• À la suite des incendies majeurs de Rimouski et de Cabano en 1950, la Caisse populaire de Matane verse 100 $ pour venir en aide aux sinistrés.
• En 1978, la Caisse parraine la construction d’appartements : Domiciles Pop inc.
• En 1981, une femme, la première, est élue dirigeante de la Caisse. Il s’agit de madame Gisèle P. Tremblay, conseillère de surveillance.
• En 1984, la Caisse installe, à l’extérieur de son édifice, une enseigne lumineuse qui donne l’heure, la température et annonce un service fort apprécié : le guichet automatique… Il est loin le temps de la première enseigne (1913) et des félicitations d’Alphonse Desjardins.