100e anniversaire
Murale au siège social
Le début du siècle dernier fut sans contredit l’âge d’or du développement et de l’urbanisation du village de Matane. Cet état de fait était principalement dû à l’apparition de l’activité forestière, animée par la Compagnie Price Brothers. Ce « moulin à scie » occupait à peu près l’emplacement actuel de l’hôtel de ville. Au XIXe siècle, la population vivait d’une agriculture de subsistance et de pêche jusqu’à ce que, vers 1850, l’industrie du bois de sciage fasse ses premiers pas. On vit alors naître dans l’arrière-pays les paroisses de Saint-Damase (1884), Saint-Luc (1890), et Saint-Léandre (1901). Après 1910, celles de Saint-Adelme, Saint-René et Sainte-Paula prenaient forme. Cependant, la majeure partie de la population était installée le long du fleuve Saint-Laurent. Saint-Jérôme de Matane fut érigée en municipalité civile en 1845 et scindée, en 1893, pour former le village de Matane d’une part, et la paroisse Saint-Jérôme d’autre part.
Le village devint le chef-lieu du comté de Matane, celui qui profita le plus de l’essor économique, et démographique, sa situation à l’embouchure de la rivière Matane l’ayant sans doute favorisé. En 1891, sa population était de 2025 habitants. Elle augmenta à 2704 en 1901, et à 3607 en 1911. Le village de Matane pu compter, dès 1845, sur son conseil municipal. La même année, il accueillait son premier prêtre résidant. Un notaire vint s’installer peu avant 1850 et jusqu’à 1855, quelques marchands suivirent. En 1862, on créa la municipalité scolaire. La décennie 1870-1880 a vu l’arrivée d’un médecin et l’implantation du palais de justice, du bureau d’enregistrement, du phare, et du télégraphe. Le Couvent du Bon-Pasteur fut fondé en 1883 et en 1890, on institua le comté provincial de Matane. Les premiers téléphones et l’électricité firent respectivement leur apparition en 1898 et 1900. Une première institution financière, la Banque Canadienne Nationale, ouvrit une succursale en 1906.
Il est à souligner qu’à partir de 1898, la communauté matanaise fut guidée par un curé au caractère bouillant et dynamique, l’abbé Antoine-Annibal Soucy, le type d’homme qu’il fallait à Matane en ce début de siècle. Ainsi, le dynamisme de l’abbé Soucy se communiquait dans le village et le dynamisme économique du village nourrissait la motivation du pasteur. Choisi comme l’un des directeurs de la compagnie du chemin de fer, il fit de nombreuses démarches pour hâter la réalisation du projet. C’est en décembre 1910, lors de l’arrivée du premier train à la gare de Matane, qu’on inaugura le chemin de fer. À la fin du XIXe siècle, les classes moyennes de même que les classes pauvres du Québec rural éprouvaient d’énormes difficultés à obtenir du crédit. En effet, le plus souvent c’est auprès des usuriers qu’elles pouvaient trouver du financement, mais à des taux élevés dépassant parfois les 20 %. Convaincus par Alphonse Desjardins, le notaire Joseph-Octave Lebel et l’abbé Soucy ont fait la promotion de la Caisse populaire en tant qu’institution destinée à protéger les journaliers, les cultivateurs et les ouvriers désireux d’emprunter. C’est ainsi que, lors d’une assemblée tenue le 20 août 1911, 89 personnes ont signé la Déclaration de fondation de la Caisse populaire de Matane.
« À votre bon souvenir! »
Peinture murale extérieure, triptyque
Conception et réalisation : Philippe Giroux
Assistant peintre : Philippe Langlois
Printemps-été 2001
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